Du désert de Kalahari, des autruches et du soleil

Voilà une semaine que je suis partie, presque rien, une éternité. Les doutes et les angoisses sont bien loin, restés sur le terminal de l’aéroport, moi je suis montée toute légère dans l’avion. A l’instant où je vous parle, je suis assise au soleil, les copains sont partis chercher à manger, il y a une petite brise marine qui nous change de l’air asséché du désert et il me semble impossible de faire entrer ma première semaine namibienne dans une note de blog. On a vu autant de paysages qu’on a fait de kilomètres (beaucoup), on en a pris plein les yeux, plein les papilles et on est entièrement couvert de sable, partout, tout le temps depuis qu’on a quitté Windhoek.

Mais commençons par le commencement. Je suis arrivée à Windhoek un peu endormie et assez étonnée devant le désert immense qui encercle l’aéroport. Aucun doute la France est loin. J’ai retiré une somme d’argent au hasard (j’avais pas pensé à regarder la conversion euros/dollars namibiens) . J’ai envoyé balader le premier chauffeur de taxi qui m’a abordé et suivi le deuxième sans trop savoir pourquoi. J’ai réalisé au bout de 20mn de route que je n’avais pas demandé le prix de la course, qu’il n’y avait pas de compteur, et que je ne savais pas du tout si les prix se négociaient ici. Au top de la préparation. En même temps ça n’a pas occupé mon esprit longtemps, y avaient plein de babouins qui trainaient au bord de la route, déjà des animaux sauvages !! Ils sont où les lions, ils sont où ? Ensuite une fois arrivée à l’hôtel, une gentille dame m’a expliqué que si je tenais vraiment à me promener toute seule à Windhoek un dimanche, je ne devais RIEN prendre avec moi, pas d’appareil photo, pas de sac, pas d’argent, surtout pas de passeport. Tout d’un coup l’enceinte de l’hôtel m’a semblé extraordinairement intéressante. J’ai donc passé une journée passionnante au bord de la piscine. Pour le côté aventurière on repassera. Dès le lendemain, six de mes amis (du célèbre groupe des Ouzbeks) m’ont rejoint. Non pas que je les ai appelés à l’aide hein, mais ils partagent avec moi cette première étape de mon tour du monde. On s’est retrouvé chez le loueur de nos 4×4-tentes-sur-le-toit pour un debrief et on a rien écouté (on avait des choses à se raconter) ou en tout cas pas tous en même temps, ce qui a donné une ambiance assez sympa au moment de monter les tentes pour la première fois (« il avait pas dit qu’il fallait commencer par l’autre tente ?/mais non celle-là elle s’ouvre dans l’autre sens/je fais comment pour enlever la bâche là ?/moi je suis sûre qu’il avait dit de commencer par l’autre tente/monter sur le pneu ? non mais t’as vu la hauteur du pneu ?/et le piquet là il sert à quoi ?/bon moi je monte sur les sièges/je vous avais dit qu’il fallait commencer par l’autre tente »).

On a commencé par prendre la direction du désert de Kalahari avec nos voitures encore toutes propres et nos frigos bien remplis et déjà dès les premières minutes on avait les yeux tout écarquillé devant cette route infiniment droite. C’est pas compliqué en Namibie pour faire les routes ils ont pris un point A et un point B pof comme ça au hasard et ils ont tracé un grand trait tout droit dans le désert pour relier les deux. Facile. On a gardé les yeux bien grands ouverts pendant tout le trajet, guettant les animaux, tous les animaux, un rhinocéros se serait jeté sous nos roues qu’on se serait pas étonné mais on a surtout vu des vaches, et des oiseaux. Mais attention jolis les oiseaux ! Des avec la même tête que les nôtres mais tout rouge ou tout vert ou tout bleu. Et puis on a vu un truc qui ressemblait à une gazelle et puis une autruche et puis encore une autruche et la terre est devenu du sable et le sable est devenu orange et puis ça y est on était arrivé.

Notre emplacement il nous a drôlement plu, on avait l’impression d’être seuls au monde et on avait une cabane-douche-toilette et un grand arbre qui nous faisait du frais le jour et puis du chaud le soir (vous saviez, vous, que les troncs d’arbre ça réchauffe la nuit ?). On a demandé où était le meilleur endroit pour regarder le coucher de soleil et on est monté en haut d’une colline avec quelques bières et du vin et des jolis verres et on a vu notre premier félin et c’est là je crois qu’on a commencé à oublier nos vies parisiennes, lyonnaises, rennaises ou genevoises, les contrats à négocier, le téléphone qui sonne, les équipes à gérer, le métro, les soucis de la vie quotidienne et c’était plutôt chouette ce moment.

Après la nuit est venue, on a enfilé nos polaires, on s’est attelé au feu. Longtemps. Très longtemps. Et un monsieur du camping est venu nous sauver en nous apportant du bois (on avait que du charbon) (rhaaaa les débutants) et puis il a fini par le préparer lui-même et on a mangé les meilleurs steaks trop cuits de l’univers. Ensuite on s’est couché et on a eu froid. Très froid. La nuit s’est avérée très longue, trop longue pour ma vessie et quand j’ai sortie la tête dans la nuit, j’ai vu plein d’yeux luisants me regarder. C’était très cool (hum). Le lendemain matin Anne-Sophie et moi on avait prévu de faire plein de trucs (les autres s’étaient levés aux aurores pour discuter avec des bushmans qui font des clics) et en fait on a seulement bu du thé. A un moment une autruche a fait mine de venir nous voir et je me suis sentie pas tout à fait rassurée (j’ai essayé de souffler dans un sifflet pour la faire fuir) (ça a un bec à vous percer les yeux ces bêtes là) (ça n’a pas marché mais elle a laissé mes yeux tranquilles). Et puis plus tard il a fallut passer à côté d’une bande d’élans pour aller à la réception. L’un d’entre eux m’a regardé. Mes jambes se sont mises à trembler. Et là j’ai réalisé que la vache corse qui m’a chargée et fait valser dans les airs il y a quelques années ne m’a pas seulement filée la phobie de ces congénères, elle m’a filée la phobie de toutes les bêtes à corne cette peau de vache ! (Comment ça, ça n’a pas de corne une autruche ?)

Dans l’après midi un guide nous a amenés dans sa voiture à safaris voir les animaux de la région (des trucs qui ont des noms complétement dingues genre Springbok, Oryx ou Gnou) et j’étais à la fois très excitée (on nous avait promis des girafes !!) et très contrariée parce que les animaux de la savane c’est vraiment pas discipliné. Déjà ça bouge tout le temps. Ou alors ça se tient carrément trop loin. Et puis ça se met pile à l’ombre ou alors à contrejour. ALORS COMMENT JE PRENDS MES PHOTOS MOI ? On a fini par trouver les girafes et là c’était le problème inverse, elles posaient trop.

Le soir venu j’ai insisté pour qu’on demande à la réception s’ils n’avaient pas des couvertures à nous prêter, louer ou vendre (« non mais je vais mourir de fatigue si je passe encore une nuit à lutter contre le froid ») (comment ça on a encore 11 nuits de camping ?), Anne-Sophie s’en est chargée, le guide lui a proposé de lui tenir chaud mais moi ça m’arrangeait pas et elle n’avait pas l’air ravie, alors finalement ils nous ont prêtés un lodge.

Je vous ai dit qu’il commençait bien ce voyage ?

 

 

16

7 comments

  1. Après avoir lu ce premier billet sur le Namibie, je lève la tête et vois défiler les rues lyonnaises depuis le tram qui me ramène dans le centre de Lyon, alors moi aussi je me demande: mais où sont les girafes, les lions et les rhinocéros?! Eh oui pour nous autres ouzbeks namibiens, c’est déjà le retour au pays! Alors merci merci merci de m’avoir fait revivre aussi drôlement cette magique première semaine namibienne et vite vite la suite:)

  2. « On a rien écouté du briefing des 4×4″…ben heureusement que certains ont écouté sinon les 12 nuits en camping (ok ok, 11 pour nous…) auraient été un peu plus compliquées hehe 🙂 Quant au camping de Kalahari, on n’aurait pas pu être 3 dans une tente de toute façon, et Marion n’aurait pas été d’accord 😀 Super de te lire en tout cas, hâte de suivre la suite des aventures (même si c’est sans nous sniff)!!

  3. Merci,merci,merci.J’ai voyagé, j’ai ri, je l’ai vécu comme si j’y étais et évidement je suis très émue….ENCORE, c’est tellement bon…..

  4. Très bon ce récit de notre première semaine! J ai bien ri et ton récit me redonne le gout des choses vues et vécues. C est quand qu on y retourne?
    Ah ce fameux briefing! 😉 il faut dire que nous étions on très fatigués du vol et contentes de te voir aussi!
    Hâte de lire la suite du périple!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *