La route, Deadvlei ou toujours plus de orange

Quand on a quitté le désert de Kalahari, une nouvelle protagoniste est apparue dans notre voyage : la route. Elle était déjà là bien-sûr sur le premier trajet mais ce jour-ci elle a tout à coup pris le rôle principale. On savait qu’on en avait pour un moment et on n’avait qu’une hâte: arriver à Sesriem. Et puis on est monté dans les voitures, on a roulé un peu, on s’est arrêté parce que c’était trop beau, on a fait quelques photos, on est remonté, on a re-roulé un peu, on s’est re-arrêté parce que c’était trop beau, on est remonté dans les voitures, on s’est dit maintenant on trace et puis dix minutes plus tard on s’est arrêté parce que c’était TROP beau et puis après tout on est pas pressé et ça a continué comme ça toute la journée. On a fini par plus s’arrêter quand on s’est rendu compte qu’on allait arriver de nuit si on arrêtait pas de s’interrompre et rouler de nuit en Namibie c’est le mal parce que les animaux ils se mettent à traverser dans tous les sens, paraît que c’est la folie et nous les animaux on les préfère quand ils passent pas sous nos roues alors on s’est plus arrêté sur la dernière heure de route qui nous restait mais c’était drôlement dommage parce qu’on aurait dit que les montagnes et le sable avaient fait la guerre ou alors l’amour, ça faisait un paysage fascinant ces montagnes à moitié recouvertes.

On est arrivé au camping du parc et on a fait une drôle de tête parce que cette fois on avait pas vraiment l’impression d’être les seuls et on avait pas de cabane-douche privée, fallait faire la queue comme tout le monde. On s’est consolé au restau du camping, on a mangé de l’Oryx c’était BON. Et puis surtout cette fois-ci on a pas eu froid, j’ai même retiré une des trois paires de chaussettes que je portais et le matin au réveil il y avait le dessus de ma tête qui sortait légèrement du sac de couchage c’est pour dire. Enfin quand je dit « le matin au réveil » c’est juste une expression parce qu’on s’est réveillé en pleine nuit pour avoir le temps de replier les tentes et d’aller voir le lever de soleil sur la dune 45. On savait pas trop laquelle c’était, nous, la dune 45 mais quand on y est arrivé on a pas eu de doute, les 5 voitures devant nous s’étaient garées n’importe comment et leurs occupants commençaient à grimper le long de la dune comme si leur vie en dépendait. Alors nous on a fait pareil parce que mine de rien le jour commençait à poindre et on voulait voir le soleil apparaître bien tranquillement assis en haut de la dune et là, là, mon corps entier m’a rappelé que j’étais pas tout à fait une grande sportive, mais-qu’est-ce-que-tu-crois-que-tu-vas-monter-en-haut-d’une-immense-dune-de-sable-en-deux-temps-trois-mouvement-par-8°C-sans-cracher-tes-poumons-peut-être-? Alors j’ai craché mes poumons. Je me suis aussi demandée si je risquais pas un peu la crise cardiaque en m’imposant ça d’un coup comme ça, à jeun en plus, alors que jusque là mon corps et moi on était plutôt pépère. Je me suis maudite aussi parce qu’après tout faire de la gym suédoise une fois par semaine ça n’aurait quand même pas été la mer à boire non ? Et comment je vais les faire tous les treks dont je rêve depuis des mois si je suis même pas foutue d’arriver en haut d’un tas de sable ? J’étais tellement occupée à m’auto-flagellée que je ne me suis même pas rendu compte que petit à petit je la montais cette satanée dune. Quand j’ai réalisé qu’on était en haut, j’ai eu pile le temps de m’assoir et le soleil montrait déjà le bout de son nez. Et vous savez quoi ? Ben le soleil n’avait aucun intérêt. Ce qui était fou c’était de voir la couleur que prenait le sable tout autour de nous au fur et à mesure que la lumière s’intensifiait. Je me suis même demandée si le spectacle n’aurait pas été encore plus beau vu d’en bas.

On a regardé le paysage en silence quelques minutes et puis on a trouvé que les italiens à côté parlaient beaucoup trop fort pour l’heure qu’il était alors on a décidé d’aller plus loin. Le problème c’est que plus loin il y avait des allemands qui avaient mis de la musique à fond les ballons. De la bonne vieille musique de bourrin. On a trouvé que c’était plus facile de demander à des allemands d’éteindre leur musique que de demander à des italiens de parler moins fort alors c’est ce qu’on a fait. Ils nous ont regardé comme des vieux cons et on s’est dit qu’après tout c’était de bonne guerre surtout que quelqu’un du groupe leur a précisé qu’elle était nulle leur musique (je ne dirai pas qui mais ceux qui nous connaissent savent). Ce qui est drôle c’est qu’après ça on a pas arrêté de les croiser ces allemands alors que les italiens jamais.

Ensuite on s’est dirigé vers Deadvlei et pendant le trajet Anne-Sophie nous a expliqué que ce qui était très cool c’était de monter sur une dune dénommée Big Daddy pour admirer la fameuse vallée de la mort. Marion, Aly et moi, sans trop savoir pourquoi on a trouvé ça pas terrible comme idée. Alors toutes les trois on s’est contenté de marcher tout droit au lieu de grimper, on s’est assise longtemps sur une petite crête de sable; on a admiré le paysage en silence cette fois-ci. Après on a fait tout le tour de la vallée, j’ai tenté de prendre chaque arbre en photo mais il y avait toujours un touriste fluo juste derrière pour gâcher mon cadrage, on a regardé vers Big Daddy pour essayer de deviner où étaient les copains et on a joué à faire les arbres aussi. C’était une belle matinée.

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