Swakopmund, la nuit, les girafes

Sur la route de Swakopmund on voit notre premier zèbre. Il pose tout tranquille au loin mais pas trop pour qu’on puisse le repérer quand même. On s’arrête bien sûr, on est pire que des gosses à chaque animal croisé on s’emballe, c’est l’effet Namibie ça rajeunit. La route est magnifique sur la première moitié du trajet, je sais, je me répète mais on découvre encore de nouvelles versions du désert, des montagnes et de la savane, c’est impossible de se lasser, on s’émerveille.

La route est très longue entre Naukluft et Swakopmund (si tu prononces correctement ces deux noms t’as le droit à un prix) alors on s’émerveille longtemps et puis la deuxième moitié du trajet commence et il n’y a plus que des dunes à perte de vue. La piste est en très mauvais état, on est secoué comme des Oranginas alors c’est sûr la pulpe elle reste pas en bas mais enfin de là à apprécier de se transformer en compote, bof. On surveille une éventuelle variation du paysage en approchant de la ville mais non, des dunes, toujours des dunes. Tout d’un coup il y a du goudron sur la route et puis des maisons au milieu du sable, des maisons toutes identiques entourées de hauts murs grillagés. Et puis on arrive dans la ville, les maisons s’embourgeoisent et les murs qui les entourent se font plus hauts. Quand on sort pour manger il fait nuit et il n’y a pas un chat. Dans les rues pas une voiture ne stationne, il n’y a pas de bruits hormis ceux de nos pas, la nuit semble avoir emporté toute trace de vie. Même les pintades se planquent. Pourtant quand on arrive au restaurant il y a des êtres humains dedans. Ils ont dû se télé-transporter pour arriver jusque là. Le lendemain on se sépare en petit groupe, certains vont voir les otaries, moi je voulais dormir, écrire, me reposer mais comme souvent femme varie j’accompagne Aly et Etienne et on flâne en ville. Il n’y a que des boutiques de touriste et un tout petit marché artisanal, je suis la seule qui ne compte rien acheter du voyage et j’ai un coup de foudre pour une girafe. Elle mesure 1m70, elle a des yeux de biche et elle irait incroyablement bien dans l’appartement que je ne retrouverai que dans dix mois. Comme elle ne rentre pas dans mon sac à dos, je me renseigne sur les frais de port mais c’est hors de prix alors mon cœur saigne toute la journée parce que c’était la girafe de ma vie.

L’après midi le groupe se splitte encore, les uns montent dans un petit coucou pour survoler les paysages fous fous fous qu’on a vus du sol les jours précédents et les autres montent dans une voiture direction le township de Mondesa pour rencontrer des familles qui veulent partager leur culture. C’est un tour vendu comme une activité avec un guide qui nous amène et fait la traduction quand c’est nécessaire. Avant de partir j’hésite, j’ai très peur que ce soit bizarre dans le sens bizarre voyeuriste de payer pour aller voir des familles défavorisées dans un des quartiers les plus pauvres du pays. En fait ça l’est très peu, les familles ont visiblement plaisir à partager leurs origines et leurs coutumes, les rencontres, si elles n’ont pas la spontanéité du hasard n’en ont pas moins de chaleur et le guide explique très bien que c’est une façon pour ces quelques personnes de bénéficier elles aussi du tourisme mais d’une façon choisie et encadrée. Cependant la réalité aperçue au passage est marquante, les habitations se font de plus en plus spartiates, les murs de briques font place à de simples pans de tôles et l’étendue de cette pauvreté manifeste, plantée au beau milieu du désert ne semble jamais prendre fin. Cette après-midi me laisse un goût étrange et, une fois n’est pas coutume, je passe une soirée morose.


Le lendemain matin avant de retrouver notre amie la route, tout le monde veut voir le marché alors je montre ma girafe et une véritable hystérie se répand dans le groupe. Diane propose la première de la prendre en soute et de me la garder jusqu’à mon retour et puis elle craque elle aussi et puis c’est le tour d’Aly et de Marion. Nous repartirons finalement avec 4 girafes géantes, le sourire aux lèvres et les bras chargés. Il faut croire que ma remise en cause de notre société de consommation aura lieu plus tard. Ou que de nombreux colis m’attendront à mon retour.

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6 comments

  1. On a tous craqué un jour pour une girafe … la mienne est moins ambitieuse avec ces 50cm de haut, mais j’y tiens comme à la prunelle de mes yeux ! ^^
    Et sinon tu les vends tes photos ? combien ? je mets une option sur ton coucher de soleil 😉
    Des bises

    1. Je fais moi aussi partie du gang des girafes. La mienne fait dans les 50 cm a une oreille coupée et s’appelle Gigi. Comment as-tu prénommé la tienne? Merci pour ce compte-rendu fidèle de ton voyage, tout n’est pas parfait du coup les moments magiques sont d’autant plus précieux. Vivement la suite !

  2. moi aussi je mets une option sur le coucher de soleil. Heureusement le soleil est pour tout le monde…..Tes photos sont belles j’aime aussi la photo de la femme bien plantureuse.

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